PORTRAIT – Claude Njiké-Bergeret : La « reine blanche » Bangangté à l’épreuve des rumeurs

 

Son nom ne dira certainement pas grand-chose  à la plupart des camerounais, mais la Reine Bagangté Claude Bergeret-Njiké, malgré sa couleur blanche et ce depuis bientôt 74 ans, est bien l’une des nôtres. L’auteure de Ma Passion Africaine, 1997 bien trop souvent précipitée vers tombe, est bel et bien sur ses jambes. Portrait.

 

v

 

C’est le 5 juin 1943 que cette diva de l’écriture verra le jour en plein cœur de la capitale économique camerounaise, Douala. Elle y mènera ses études primaires et parcourra le pays aux côtés de ses parents missionnaires protestants  jusqu’à l’âge de 13 ans. C’est alors qu’elle décidera avec l’accord de son père, le feu Etienne Bergeret, de quitter le Cameroun pour rejoindre le pays de ses ancêtres. Quelques années après s’être installée en France, Claude Bergeret épousera un compatriote avec qui elle mettra au monde 2 enfants: Serge et Laurent.


 

Son retour au pays natal, dans les années 70.

En 1972 alors que son mariage bat de l’aile, Bergeret se sépare de son époux et décide de revenir dans son pays natal pour une mission de travail. Elle s’installe en 1974 et officie à la direction générale de l’école de MFETOM dans la grande région de l’Ouest. Puis en 1978, elle accepte d’épouser François Njiké Pokam, le roi des bagangtés, devenant ainsi la reine de cette tribu oh combien réputée de la région de l’Ouest Cameroun.

Claude Bergeret 3

Le public découvre alors une intellectuelle européenne dans un foyer polygamique en compagnie d’une trentaine de coépouses. De la même façon, Claude Bergeret-Njiké gagnera très vite l’estime des populations locales qui la surnommeront « La reine blanche » en référence à sa couleur de peau.


 

Claude Bergeret, une activiste dans l’âme.

Sur le plan touristique, le Cameroun a longtemps bénéficié d’une “publicité à la Bergeret”. Reportages, interviews et même des débats télévisés ont été tenus pour en savoir plus sur la mystérieuse reine, vivre par son regard l’aventure camerounaise; en apprendre d’elle, de sa culture et métissage qu’elle a opéré avec sa terre natale.

Claude Bergeret 2

Claude Njiké-Bergeret a mis sur pied la première boulangerie dite industrielle spécialisée dans la production de pain à partir de la farine de manioc, matière première et une des principales tubercules de la région. Bergeret est également auteure de 3 livres à succès, Ma passion africaine en 1997 – qui est une œuvre autobiographique -, La Sagesse de mon village en 2000 et Agis d’un seul cœur en 2009.

ma-passion-africaine-510737 Bergeret


« La reine a rendu l’âme … » … Mais non, on se calme !

 

Sur la toile camerounaise le 11 Juillet dernier, circulait la rumeur de la mort de Claude Bergeret-Njiké, information dont personne à l’heure actuelle ne saurait signifier la source. Fort heureusement, par le biais d’une radio locale, la rumeur s’est vite vue révoquée, et coup de théâtre, par la concernée elle-même.

De belles années à venir, c’est tout le malheur que nous souhaitons à notre reine. Comme disent les anglais, « God save the Queen ».

No Comments Yet

Leave a Reply

Your email address will not be published.

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>