Les stratégies de promotion et de développement de l’électrification rurale au Cameroun

Le continent africain présente le taux d’électrification des régions en développement le plus faible (42%). Ce taux d’électrification peut descendre à 10% lorsqu’on se trouve en zone rurale. Au Cameroun est née en 2000, l’Agence l’électrification rurale (AER) dont le principal objectif est la promotion et le développement de l’électrification rurale au sein du pays. Parole au Directeur Général de cette structure para publique, Monsieur MOUSSA OUSMANOU


Pouvez-vous expliciter les missions de la structure que vous dirigez ?

L’Agence d’Électrification Rurale du Cameroun à deux principales missions : La promotion et le développement de l’électrification rurale. La Promotion se fait à travers des études que nous présentons aux éventuels bailleurs de fonds intéressés, nous obtenons ainsi des financements pour le Développement de l’électrification rurale. Ces financements sont utilisés dans le respect de toutes les procédures en vigueur notamment les procédures de passation de marchés. Voilà grossomodo les missions de L’AER. Le Cameroun compte sur son territoire environ 8000 localités rurales actuellement non électrifiées vous comprenez donc l’ampleur du travail à accomplir. Les financements que nous utilisons sont principalement de deux ordres: les financements qu’offrent les bailleurs de fonds et des financements sur fond propre issus de la redevance que les producteurs d’électricité reversent à L’AER chaque année qui tournent autour d’un milliard de FCFA.
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L’AER existe depuis l’an 2000, après la mise en place de la structure, il a fallu prendre le temps de faire des études du plan directeur de l’électrification rurale, des études ont aussi été menées avec le Programme des Nations Unies pour le Développement, le Plan d’action national pour la lutte contre la pauvreté en énergie, les électrifications décentralisées dans le centre, la carte électrique du Cameroun etc… De multiples études ont été menées avant de lancer la phase de promotion car il fallait les présenter aux bailleurs de fonds.
Comment sont sélectionnées les localités  qui profitent de vos programmes d’électrification rurale ? 
Dans le plan directeur nous avons essayé d’aller par priorité. La première priorité ce sont les localités présentes sur le réseau électrique déjà existant; là il s’agit juste de les alimenter en les branchant directement sur le réseau. Ensuite, les localités qui sont le chef lieux d’une unité administrative; par exemple pour faciliter la tâche à un préfet qui se retrouve dans une localité qui n’est pas électrifiées nous faisons tout pour connecter son unité administrative au réseau électrique. Les localités qui sont autour des sites de production font aussi partie de nos priorités, quand besoin est nous construisons ainsi de petits barrages pour les electrifier.
En 16 ans, au delà de tout le travail de mise en place abattu, est ce qu’il y a des projets qui ont déjà été réalisés ?
Bien entendu des projets ont déjà été réalisés. Les premiers financements sont venus du royaume d’Espagne à qui on a présenté les problèmes d’insécurité le long de notre frontière avec le Nigeria, il fallait electrifier toutes les localités présentes près de ces frontières pour faciliter le travail des forces de sécurité. Nous avons obtenu près de 6 milliards de FCFA qui nous ont permis d’electrifier une quarantaine de villages, le programme aurait dû continuer mais suite à la période de crise qu’a connue l’Espagne on a du s’arrêter.
Nous avons obtenu un autre financement du même ordre de la Banque Islamique que nous avons utilisé pour les priorités citées plus haut. 
L’union Européene a financé à hauteur de 11 milliards de FCFA, la construction d’un barrage.  La Banque Mondiale a aussi financé des électrifications à hauteur d’environ 13 milliards.  Voilà quelques exemples. Mais au delà des financements extérieurs, les financements sur fond propre nous permettent d’électrifier près de 30 localités par an.
Les personnes qui mènent les études préalables au lancement des programmes d’électrification font partie du personnel de L’AER ou alors vous faites appel à des ressources externes ?
Quand il s’agit de simples études pour l’électrification de petites localités nos ingénieurs s’en chargent. Mais lorsqu’il s’agit d’études de grosse envergure, les bailleurs se fonds mettent à notre disposition des experts de leurs choix pour effectuer des études avant de financer les travaux.
Quels sont les difficultés rencontrées par l’Agence dans l’accomplissement de ses missions ? 
La première difficulté que nous rencontrons est celle de réussir à convaincre les bailleurs de fonds, au delà de la qualité des études menées il faut aussi engager la volonté du bailleur de fond. Les lenteurs administratives constituent aussi un frein à l’accomplissement de nos missions, il est arrivé que des projets aient été retardés à cause d’un dossier bloqué dans u’ bureau. Ce sont des réalités aux quelles faisons face.
Est ce que des Élites ou des autochtones de certaines localités non électrifiées peuvent venir vers vous pour obtenir des études en vue de l’électrification de leurs localités ?
Biensur c’est possible mais cela ne garantit pas le financement, ce qu’on peut faire c’est les mettre dans une étude que nous présenterons aux bailleurs de fond. Ils devront donc attendre qu’on obtienne les financements et qu’on règle toutes les formalités administratives.  Mais nous ne pouvons pas électrifier une localité immédiatement après que des élites ou des autochtones soient venus nous le demander car nous n’avons pas de fond prêts qui attendent de satisfaire les doléances.
Les redevances versées par les producteurs d’électricité mises à part, est ce qu’il y a un  apport de l’État dans le fonctionnement de la structure ? 
L’État verse 500 millions de FCFA par an pour le fonctionnement de L’AER, cette somme est uniquement dédiée au fonctionnement de la structure pas à l’investissement.
Quels sont les objectifs de l’AER aujourd’hui après 16 années d’existence ?
Notre objectif principal est de continuer à faire le travail que nous faisons depuis 16 ans, trouver encore plus de financement, électrifier encore plus de localités. En accroissant notre efficacité. Nous continuons de négocier des financements au près des bailleurs de fonds, d’ailleurs nous venons d’obtenir un financement de 18 milliards de FCFA de la Banque Islamique et des négociations sont prévues avec des pays de L’OPEP et les États-Unis d’Amérique. De plus l’État a créé au sein de L’AER une direction du fond d’énergie rurale qui a pour mission de fournir des subventions aux opérateurs qui veulent faire de l’électrification rurale. Autrement dit l’électrification est devenue ouverte, donc un privé peut aller construire un barrage et obtenir l’autorisation de vendre de l’électricité dans un périmètre bien défini. Si des personnes ou des entreprises désirent le faire le fond d’énergie rurale est là pour leur apporter des subventions à hauteur de 70% de l’investissement. Pour l’instant nous travaillons avec deux fournisseurs le fond devrait leur fournir des subventions en 2017. Il s’agit là d’une nouvelle démarche d’électrification, ce ne sera pas ENEO mais un fournisseur X ou Y qui sera installé dans une localité et qui y vendra de l’électricité aux tarifs fixés par L’ARSEL.

C’Koment Magazine est un magazine focalisé sur l’actualité camerounaise dans toute sa diversité, nous nous adressons à toutes les tranches d’âge mais avec un accent particulier sur la sensibilisation de la jeunesse. Donc nous aimerions savoir, est-ce que la jeunesse est impliquée d’une manière ou d’une autre dans le fonctionnement de L’AER ? 
La jeunesse étant l’avenir du Cameroun il est impossible de se développer sans la jeunesse. Donc tous nos recrutements se font autour des ingénieurs expérimentés ou non. Certe nous ne recrutons pas énormément mais la jeunesse fait partie de nos priorités lors des recrutements.
Propos recueillis  par Gaëlle ONANA & Samuel Balepa 
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