J’étais au Ngondo en Sanja marron …

Ah , bien aimés lecteurs . C’est sous un soleil on ne peut moins clément , que se  tenait ce premier dimanche 07 Décembre comme l’exige la tradition , l’annuelle cérémonie traditionnelle du peuple Sawa,  j’ai nommé le Ngondo .

S’agissant d’un évènement phare de la ville de Douala, faisant la lumière chaque fois plus fort sur la solidarité et l’union du peuple Sawa en cette célébration, son intérêt ne saurait être sujet à quelque doute que ce soit.

Comme toujours, c’est la célèbre esplanade de la Base ELF sur les berges du fleuve Wouri qui accueillera la horde de festivaliers, venus de tous les horizons, arborant leurs plus beaux ensembles  » Sanja/Chemise » pour les hommes, et  » Kaba’a Ngondo  » (désignant la robe traditionnelle) pour les femmes, sur le modèle de l’étoffe « officielle  » de cette année. Tous se dirigent vers le bord du fleuve, où sont installées sous des chapiteaux les autorités traditionnelles (chefs de cantons, notables, gardes royaux, etc.), ainsi que les « civils » chanceux (à l’heure surtout ).Sur le trajet, comme il faut s’y attendre, les commerces s’enchainent, le capharnaüm musical … « l’enjaillement » classique.

Pour le plus grand plaisir de nous pèlerins , un spectacle « caviaresque » (aussi bon que le caviar,oui) nous a été offert : des prestations de danse « Ambassi Bey », « Esewe », performées par des groupes de danse traditionnelle locaux, les larmes aux yeux. De quoi te faire crier à en perdre ton larynx.

Le défilé de la Miss Ngondo 2014 ( un vrai canon, la précision est vitale), accompagnée de ses deux dauphines, et des « reines mères » du comité de la Miss.

Les lutteurs des « besoa » (lutte traditionnelle ), qui faisaient plus flipper qu’autre chose à leur passage ; je ne suis pas une poule mouillée d’habitude mais m’imaginer avec un de leurs poings dans la figure me stoppe direct dans tout élan de rébellion que ce soit. J’imagine donc qu’il s’agissait de l’effet escompté.

Et puis Bam ! le moment tant attendu arriva , mesdames et messieurs : La course des pirogues.

7 pirogues représentatives de 7 cantons Sawa : ( Djebale, Piso’a Belle, Nkam Nkam, Bakoko-Wouri, Moulongo, Pongo ) avec à leur bord 50 à 60 piroguiers, constituaient ainsi les différentes équipes sponsorisées chacune par des entreprises de la place, telles que Orange Cameroun, Eneo, Dangote Cement Cameroun, ou encore les brasseries du Cameroun via la marque Castel Beer .

12h20. Les pirogues sont  dans leur couloir : La course débute. Malheureusement, on apprendra plus tard la chute de 3 des pirogues , qui ont chaviré dans le fleuve lors de la phase retour de la course ( oui , les piroguiers à bord vont bien ). Pour cela, la proclamation du champion n’a pas été officielle, par « respect « . (ceci n’exclut pas que l’équipe du Nkam-Nkam  » Ewodi  » soit arrivée en première position, oui je spoil… )

Puis vint le moment de la proclamation au peuple du message « divin  » posté dans les profondeurs du fleuve Wouri, ou le fameux dogme de « L’homme qui plonge dans l’eau et en ressort sec  » (lol).

Message qui pour le peuple Sawa tout entier fait office de directive et de mot d’ordre pour l’année à venir , stipulait en accord avec le thème Dipita* choisi pour cette session du Ngondo, qu’il était primordial de « garder espoir  » dans l’accomplissement de nos œuvres, tout en prônant TOUJOURS l’unité au sein de la grande famille Sawa :  « l’espoir à travers le patriotisme de tous ».

Baume au cœur pour la plupart , aux vues des nombreuses polémiques et (mini) crises que rencontrent les institutions traditionnelles récemment.

Pile au moment où je prononçai un innocent  » tout est bien qui finit bien », pensant à rentrer me prélasser après tant d’émotions  , les vibrations de l’  » Abele  » ( fanfare traditionnelle , aka  » ceux chargés de nous mettre le feu aux jambes  » ) me ramènent très vite à la réalité :  » Tu as voulu kossa, tu vas kossa . La fête était donc très loin d’être finie.

De plus c’était sans compter sur l’it-after prévu au Stade Mbappe Leppe de Akwa, où pour l’occasion ont été aménagés une myriade de stands, de quoi combler jusqu’au dernier retissant du jour. Débits de boissons, animations, des spectacles comiques, des grillades de poisson, porc, etc.  bref c’était The Place to be mon frère.

Ceci dit, il est à noter que cette édition du Ngondo signe la fin d’une histoire d’amour remontant presqu’au néolithique avec le site de la base ELF, ou du moins tel qu’on le connait, car celui-ci désormais  est une zone d’implantation industrielle. Les hectares verdoyants, et l’air frais dont pouvait (oui, à l’imparfait) se vanter d’avoir cet esplanade ont donc été pris d’assaut par des tracteurs , des containers et des méga constructions usinières à tout va,  pour le plus grand désarroi  de la plupart.

 Ceci justifierait donc naturellement la faible affluence qu’a connu cette édition.

 Ainsi, serait-il provocateur  de parler de lésion a la tradition ? L’industrialisation oui , mais à quel prix ? Est-ce que « les dieux  » sont en paix avec cette redécoration des lieux ? Quelles conséquences pour les années à venir ? Bien le temps se chargera de parler pour nous, on ne peut qu’avoir « Dipita » *

 Cependant , une chose demeure vraie : La fête était de taille. Kamerun, o bosso.

*Dipita : Espoir en français .

JK MOUKOURY.

LA RÉDACTION

CELLULE DE RÉDACTION

C’Koment Publishing Media Group est un consortium de services en communication, presse écrite ou digitale multi-supports. Il ambitionne de devenir un acteur clef du marché des médias camerounais et d’Afrique centrale. A ce jour, le groupe réunit un portefeuille de 4 magazines. Il se positionne comme acteur majeur des médias Lifestyle et tendances au Cameroun. Sa mission : informer, éduquer et divertir à l'aide d'une information qui vous ressemble. Chaque titre veut faire naitre auprès de ses lecteurs des passions, des envies et des rêves en s'adaptant aux réalités de votre quotidien.

No Comments Yet

Leave a Reply

Your email address will not be published.

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>