Flavien Kouatcha, Entretien avec un double champion

L’agriculture et le digital constituent aujourd’hui de réels défis pour L’Afrique. Et si notre environnement digital se développe de plus en plus ces dernieres années, l’agriculture elle, reste un domaine au quel peu de jeunes s’intéressent réellement. 

On pourrait penser qu’à priori tout oppose ces deux domaines, mais notre invité nous montre bien que ce ne n’est qu’un préjugé dont on doit se débarrasser. 

Si vous êtes un habitué du Twitter 237 vous avez sûrement déjà vu son @  ou ce Hashtag #FlavienDecortique, Flavien Kouatcha est un jeune e-influenceur camerounais qui a su allié sa passion pour l’agriculture à sa présence digital, il a récemment été élu champion digital de l’agriculture dans le cadre de l’initiative Africa 4 tech, il est aussi l’initiateur du projet Save our agriculture. 

Entretien avec un double champion.


 

Je suis surtout un citoyen engagé qui n’a jamais rêvé de devenir e-influenceur, mais seulement de donner son avis pour le développement de sa communauté et l’évolution collective.

1- Est ce que tu peux nous dire en quelques mots, qui est Flavien Kouatcha ?

Flavien Kouatcha est simplement un jeune camerounais qui rêve de changer la vie de millions de personnes, éduquées ou pas, riches ou pas, parce qu’il s’est rendu compte que nous consommons des aliments sans vraiment savoir comment ils ont été produits. C’est un passionné d’agriculture qui se fait un plaisir de partager autant que possible les informations qu’il détient dans les domaines de l’agriculture, l’environnement, l’économie verte. C’est surtout un citoyen engagé qui n’a jamais rêvé de devenir e-influenceur, mais seulement de donner son avis pour le développement de sa communauté et l’évolution collective.

2- Tu es connu pour ton engagement pour le développement de l’agriculture et aussi en tant que e-influenceur. D’où te vient cet engouement pour l’agriculture et comment t’es tu retrouvé à allier digital et agriculture ?

Dans ma famille, je suis de la quatrième génération d’agriculteurs depuis mon arrière grand-mère. Même s’il faut avouer que nous ne sommes plus nombreux, agriculteurs proprement dit dans cette génération, j’ai cultivé cette passion dès mon plus jeune âge en assistant mes parents dans l’élevage familial. J’ai passé les 5 premières années de ma vie au milieu de lapins, poulets et oeufs qu’il fallait laisser éclore sans les toucher. C’est ainsi que l’agriculture s’est incrustée dans ma vie de façon irréversible. Allier digital et agriculture, c’est un épisode qui commence en Mi-2014. Et cela s’est fait spontanément pour le jeune que j’étais, disposant des 2 compétences. Je me suis dis que ce serait un moyen de créer le pont entre 2 mondes qui ne communiquent pas souvent aisément.

3- Tu as été récemment été élu champion digital de l’agriculture dans le cadre de l’initiative Africa 4 tech. Comment t’es tu retrouvé dans cette compétition ?

Africa 4 Tech se veut être le réseau des entrepreneurs innovants par excellence sur le continent africain. Fondée par des pointures du numérique, la particularité de cette entité est qu’elle souhaite mettre en évidence l’aspect transversal et utile du numérique dans 4 domaines d’activité à savoir l’agriculture, l’éducation, la santé et l’énergie, lesquels représentent sans aucun doute des thématiques dans les années à venir sur le continent africain. Pour me retrouver au sein de cette compétition, j’ai reçu un mail d’un ami qui présentait l’événement et m’encourageait à m’y inscrire. J’ai donc intégré le processus de sélection à plusieurs étapes, j’ai passé les interviews en ligne et enfin, j’ai été invité à Marrakech

4- Quelles sont les responsabilités et les avantages que t’apporte ce titre ?

Mon rôle en tant que Champion Digital de l’Agriculture sur le continent, c’est de développer la conscience de l’importance du potentiel du monde digital dans mon domaine, et de promouvoir les initiatives contribuant à cette prise de conscience. Ceci passe en priorité par le développement de mon propre projet de construction d’unités aquaponiques, car c’est ce dernier qui permet au jury international de l’événement de me hisser sur la plus haute marche du podium. Grâce à ce titre, j’ai été intervenant à une conférence d’ouverture de la COP22 à Marrakech. Et d’autres grandes choses se préparent mais je préfère rester discret à ce sujet.

5- Justement, à propos de ton projet de construction d’unités aquaponiques urbaines, qu’est ce qu’une unité aquaponique et de quelle manière peut elle améliorer notre quotidien ?

Une unité aquaponique est une sorte de ferme mobile au sein de laquelle nous créons une symbiose entre un élevage de poissons et un bassin de culture de végétaux. En utilisant les excréments de poissons comme engrais fertilisant pour les plantes, nous éliminons tout apport chimique dans l’alimentation des hommes, nous multiplions par 3 le potentiel de production, nous réduisons de 90% la consommation d’eau qui devient une denrée rare sur la planète et enfin, nous réduisons de l’ordre de 20% les émissions de CO2 dues aux activités agricoles. C’est en tous ces points qu’une unité aquaponique peut améliorer le quotidien des hommes : dépenser moins d’intrants pour s’alimenter mieux dans un environnement plus sain

6- Comment décrirais tu l’environnement digital camerounais aujourd’hui ?

Selon moi, il y a beaucoup de volonté. Mais quelque chose qui manque encore de façon criarde, ce sont les données. Ces informations qui permettraient à des entreprises de se positionner, à des individus de faire des études de marché et de pouvoir analyser la société. L’écosystème se développe sans réelles orientations, on parle d’influence par exemple sans être capables d’évaluer les impacts réels des concernés dans notre vie de tous les jours. D’où notre idée au sein d’Organiz Agency, l’agence que je co-dirige avec mon cofondateur Jedidia Ntep, de créer des baromètres digitaux dont les chiffres sont basés sur des études multi-canales terrain/internet.

7-  Quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux jeunes qui comme toi voudraient se lancer dans l’agriculture ? 

Je leur dirais de commencer par faire le premier pas. Car il y a des millions d’idées brillantes sur le continent africain, vous vous démarquez lorsque vous commencez à poser un premier pas. Sinon ensuite, il faut travailler dur, s’appuyer sur une équipe et rester humble. Tout seul, on ne va jamais bien loin. Par ailleurs, ils peuvent suivre ma chaîne Youtube (FlavienDecortique) au sein de laquelle je décortique des sujets précis, parfois à la demande de ceux qui me suivent.

8- Quels sont tes endroits préférés de la ville de Yaoundé ?

Je ne sors pas beaucoup à Yaoundé. Mais disons que j’aime bien me rendre au Smile et à Kazoo pour commander une assiette du chef et du jus de fruits pressés. Je n’y résiste pas.

Nous avons tous le pouvoir de faire de grandes choses. Ceux qui y arrivent ne sont pas les plus malins, simplement les plus conscients de leur potentiel. La vie est trop courte pour chercher à ressembler à quelqu’un d’autre. Soyez vous-même et excellez dans ce que vous aimez faire.

Merci encore Flavien nous te souhaitons beaucoup de succès dans tes projets actuels et à venir.

Par Samuel BALEPA

LA RÉDACTION

CELLULE DE RÉDACTION

C’Koment Publishing Media Group est un consortium de services en communication, presse écrite ou digitale multi-supports. Il ambitionne de devenir un acteur clef du marché des médias camerounais et d’Afrique centrale. A ce jour, le groupe réunit un portefeuille de 4 magazines. Il se positionne comme acteur majeur des médias Lifestyle et tendances au Cameroun. Sa mission : informer, éduquer et divertir à l'aide d'une information qui vous ressemble. Chaque titre veut faire naitre auprès de ses lecteurs des passions, des envies et des rêves en s'adaptant aux réalités de votre quotidien.

3 Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published.

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>