Entretien – BLICK BASSY: « Mongo Béti est mon héros »

Artiste musicien de génie, au talent connu et reconnu et dont le succès et le nom ne cessent de côtoyer les sommets et de traverser les frontières, Blick Bassy a cette fois fait parler son talent dans l’écriture. Si à travers les textes de ses chansons on lui reconnaissait déjà une belle plume, Blick a toutefois surpris tout son monde en publiant en 2016 son premier roman intitulé « Le Moabi Cinéma », lequel lui a permis il y’a quelques semaines de remporter Le Grand Prix Littéraire d’Afrique noire 2016.Preuve que son talent n’a pas de limites. Il a accepté pour nous de revenir sur ce prix, de nous en dire un peu plus sur son livre et son amour pour l’écriture

 

Pour commencer félicitations pour  le Grand Prix Littéraire d’Afrique noire.Ca fait quoi de recevoir un tel prix ?

Recevoir un tel prix vient tout simplement me conforter dans la démarche qui est la mienne, celle où le désir et l’action sont le moteur d’une vie. Au-delà de Cela, cette consécration permet de décupler le message que je voudrais faire passer à travers ce roman. 

A quel moment as-tu décidé de te lancer dans l’écriture romanesque ?

En tant qu’auteur compositeur j’ai toujours écris à travers mes chansons des scènes de vie, des rêves qui parfois peuvent sonner utopique. Passer à la matérialisation au format papier de mon imagination n’a été qu’une suite longue de différentes scènes que déjà je décris à travers mes chansons.

De quoi parle « Moabi Cinéma » ? Et dis-nous en plus sur le titre de ce livre ?

Le Moabi qui est un arbre géant au même titre que le baobab inspire la transmission du savoir, Mais est également un témoin de l’histoire. Ici dans mon roman il joue le rôle d’un media.  Le Moabi Cinéma est l’histoire de 5 jeunes camerounais qui rêvent de partir après leurs études secondaires car ils n’ont aucun espoir de réussite dans leur pays. Boum Biboum le personnage principal va se retrouver en face du Moabi Cinéma alors qu’il va à la recherche Du ballon de football lors d’un match de quartier. La découverte de  ce Moabi caché dans une petite forêt en périphérie de la ville de Yaoundé protégée par l’armée du pays va bouleverser leurs vies.

Pourquoi avoir choisi d’axer ton roman sur l’histoire de jeunes africains en partance pour l’Occident ?

L’idée m’est venue lors de l’un de mes voyages au Cameroun et dans d’autres pays d’Afrique. Je me suis rendu compte qu’il y avait une grosse sensibilisation autour du sida, du paludisme et jamais j’en avais vu autour de l’émigration, pourtant nous avons de manière quotidienne des jeunes ressortissants de nos pays qui périssent dans la Méditerranée. Je me devais alors de faire quelque chose, à ma façon.

Il y’a-t-il dans ce livre une partie de ton histoire ?

Non pas vraiment. C’est de la pure fiction. Je voulais également revenir sur les mensonges institutionnels comme la notion « des droits de l’homme » qui prône l’égalité entre humain et n’est même pas respectée par ceux-là même qui comme des perroquets la brandissent pour telle ou telle raison. La vérité est que nous vivons dans un monde où c’est la loi du plus fort et qu’un enfant né au Cameroun en même temps qu’un autre né en France , ces deux humains qui arrivent sur la terre ne sont déjà pas égaux car le petit français a le droit de circuler et d’aller où il veut alors que le camerounais aura besoin de visa , sachant que les frontières de son pays et le système de visas sont l’œuvre de ceux-là même qui lui imposent un visa.

Quel est l’auteur qui te fascine le plus ?

Mongo Beti est mon Héros, nous devons davantage célébrer nos philosophes, nos intellectuels…

 Tu es le 13e camerounais à recevoir ce prix après des poids lourds de la littérature camerounaise tels que Calixte Beyala ou Francis Bebey.Doit-on s’attendre à ce que tu te lances dans une véritable carrière d’écrivain ?

Ahaha je suis déjà lancé 

Pour finir un dernier mot pour les jeunes camerounais ?

J’encourage les jeunes camerounais à exister à travers le désir et l’action, car la politique la vraie, celle qui changera notre quotidien partira du bas, ceci à travers l’action citoyenne de chacun d’entre nous. 

Propos recueillis par Stéphane TANG

 

LA RÉDACTION

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C’Koment Publishing Media Group est un consortium de services en communication, presse écrite ou digitale multi-supports. Il ambitionne de devenir un acteur clef du marché des médias camerounais et d’Afrique centrale. A ce jour, le groupe réunit un portefeuille de 4 magazines. Il se positionne comme acteur majeur des médias Lifestyle et tendances au Cameroun. Sa mission : informer, éduquer et divertir à l'aide d'une information qui vous ressemble. Chaque titre veut faire naitre auprès de ses lecteurs des passions, des envies et des rêves en s'adaptant aux réalités de votre quotidien.

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