ENTREPRENDRE au Cameroun tout en étant à l’étranger

Dans le cadre du mois d’Avril consacré à l’entrepreneuriat, l’innovation et le progrès au Cameroun, nous avons décidé de donner la parole à Gaelle Onana, directrice de publication du magazine Yaoundé C’Koment et fondatrice de Douala C’Koment. A travers ses mots et son expérience, elle nous donnera quelques pistes sur sa vision de l' »entrepreneuriat de la diaspora ». Comment ? Pourquoi ? Voici quelques lignes qui répondront tant bien que mal à vos questions.

 


 

Ce n’est pas toujours évident de s’exprimer pour son propre media mais je vais me plier au jeu. Nous avons décidé pendant le mois d’Avril de nous concentrer sur le thème suivant : entrepreneuriat, innovation et progrès.

L’idée est de comprendre comment les camerounais perçoivent ces trois mots, ce qu’ils en pensent, comment est ce qu’ils les appréhendent. Nombreux sont ceux qui ont accepté de répondre à nos questions. L’idée pour nous est de dégager des tendances et des opinions sur le sujet.

J’ai alors décidé de me prêter au jeu, car après tout un avis en plus ne fera de mal à personne.

Tout d’abord, selon moi entreprendre c’est : mûrir une idée, la mettre en forme, analyser en quoi elle pourrait être bénéfique pour le plus grand nombre et enfin la mettre en route. C’est un processus long et périlleux au cours duquel nous sommes amenés à faire face à de nombreux obstacles et de nombreuses réticences. Dans un pays tel que le Cameroun, les entrepreneurs ont au moins une chance (si on peut appeler cela ainsi), c’est celle d’avoir beaucoup de choix dans ce qu’ils peuvent mettre en place. Des médias à l’agriculture, en passant par la culture et le numérique, beaucoup de choses restent à faire.

J’aime à dire que l’on n’invente rien ou du moins pas grand chose. On prend juste une idée déjà en place, on l’améliore et l’adapte en fonction du contexte dans lequel on se trouve. Dans ce processus de création et d’amélioration, la « diaspora » (comme on a tendance à l’appeler) a toute sa place. En effet, riche de quelques années à l’extérieur, elle a pu découvrir de nouvelles choses, s’enrichir de nouvelles expériences et apprendre des autres peuples et cultures. Les réussites observées tout comme les échecs, peuvent être un pilier pour le développement d’activités sur leur propre pays.

Par conséquent, un camerounais à l’étranger, qui veut entreprendre se doit d’avoir selon moi l’attitude suivante :
1. Observation :

Être en veille active sur les projets naissant au sein du pays où il vit. Il faut pouvoir être à l’écoute de ce qui est fait et de ce qui a été fait. Observer comment les différents projets ce sont développés, à quelle vitesse, avec quels types de partenaires et dans quel contexte ils sont nés. Tout cela bien sure en fonction du domaine d’activités qui nous intéresse.

2. Analyse :

Dans une seconde étape il convient d’analyser les différentes initiatives :

Au niveau économique : quel est le modèle économique qui a été utilisé ?

Au niveau de la communication : quels sont les outils et canaux qui ont été mobilisés ?

Au niveau de la cible : quelle a été la cible choisie ?

Toutes ces données permettront de mieux saisir les contours du projet. Vous pourrez aussi faire votre propre analyse sur ce qui selon vous a été une réussite et ce qui a été un échec.

3. Remettre les éléments dans le contexte camerounais : 

Une fois toutes ces données récoltées, vous pouvez maintenant les regarder en tenant compte du contexte de votre pays. Cela vous permettra de mettre en place une formule adaptée, exportable, rentable et attrayante.

Quand tout ce chemin est fait, votre projet est maintenant écrit. Vous avez eu le temps de le penser, de le nourrir et de l’adapter.

Il convient néanmoins de faire une descente sur place pour être sur que ce que vous avez marqué sur le papier cadre avec les réalités locales.

Une fois sur place, n’hésitez surtout pas à vous entourer des personnes locales compétentes et qui accrochent à votre projet. Ne jamais venir en disant que l’on détient la science infuse, que l’on a plus rien à apprendre, que l’on a déjà tout analysé et tout compris. Cela nous ferait passer à côté de certaines choses mais en plus nous avons le risque d’attirer des réfractaires à notre projet. Le savoir acquis à l’extérieur ne peut être bénéfique dans nos pays que si et seulement si il est enrichi d’expériences locales.

Si nous trouvons les bonnes personnes, si nous prenons le temps de  les écouter, si nous leur faisons un peu confiance, alors nous pouvons piloter aisément notre projet de l’étranger en s’appuyant sur les compétences locales et en revenant de manière régulière pour guider les activités.

Entreprendre au Cameroun depuis l’étranger, c’est à la fois risqué, périlleux et difficile. Mais une chose est certaine c’est possible !

 

Par Gaëlle Onana

LA RÉDACTION

CELLULE DE RÉDACTION

C’Koment Publishing Media Group est un consortium de services en communication, presse écrite ou digitale multi-supports. Il ambitionne de devenir un acteur clef du marché des médias camerounais et d’Afrique centrale. A ce jour, le groupe réunit un portefeuille de 4 magazines. Il se positionne comme acteur majeur des médias Lifestyle et tendances au Cameroun. Sa mission : informer, éduquer et divertir à l'aide d'une information qui vous ressemble. Chaque titre veut faire naitre auprès de ses lecteurs des passions, des envies et des rêves en s'adaptant aux réalités de votre quotidien.

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