INSPIR’TALK 6: LES REPATS AFRICAINS SONT-ILS TOUS FAITS POUR LE RETOUR ?

Le dynamisme de la diaspora africaine n’est plus à démontrer, où qu’elle soit dans le monde. S’ils sont nombreux à quitter le continent pour des raisons diverses la question du retour se pose de plus en plus. C’est autour de cette problématique que se tiendra la sixième édition des Inspir’Talks dont le thème est: “Repats : sont-ils tous fait pour le retour ?”

Le retour sur le continent est-il une obligation ? Ne peut-on pas développer le continent en vivant ailleurs ? Quelle sont les motivations des repats ? Où rentrer pour quelle activité économique ? Autant de question qui seront abordées lors de cette édition qui sera animée par LAURE GNAGBÉ BLÉDOU. Pour en savoir un peu plus nous nous sommes entretenus avec Laure.

 

1- Pouvez vous nous parler de vous et de votre parcours ?
Diplômée en journalisme, j’ai développé en une quinzaine d’années une expertise en communication 360°, gestion de projets web et marketing en Europe et en Afrique. Il y a quatre ans, je me suis installée en Côte d’Ivoire. Depuis janvier 2016, je dirige le pôle jeunesse d’un groupe international de presse qui se développe sur le continent africain. Trentenaire, je suis très active sur Twitter où je partage articles, comptes rendus, observations et analyses sur mon compte : @laurebledou.

2- Comment et quand est ce que l’aventure Inspir’Talks a commencé pour vous ?
En février dernier, j’ai été contactée par une des co fondatrices du média Inspire Afrika. Nous avons programmé un skype quelques jours après pour nous présenter réciproquement, parler de la notion de partage d’idées et de nos façons de travailler. Puis, le thème du prochain Inspir’Talks m’a été dévoilé. Je me souviens que ce premier rendez-vous, « virtuel », a duré près de deux heures au lieu des 30 minutes prévues !
Depuis cette entrée en relation, en plus des de nos conférences téléphoniques, nous nous envoyons régulièrement des chiffres et informations sur les « repats », ces Africains ou enfants d’Africains qui sont « retournés » dans leur pays, celui de leurs parents ou un autre du continent. C’est un sujet passionnant !

3- Justement, qu’est ce qui justifie le choix de ce thème pour cet Inspir’Talks 2017 ?
La « repatriation », c’est à dire le retour sur le continent africain, est un phénomène qui reste encore méconnu. Nous avons chacun des exemples d’amis qui sont « rentrés » et d’autres qui ne rêvent que de « retour ». Les médias mettent en lumière des parcours et les Etats ou cabinets de recrutement vont jusqu’à les courtiser mais de nombreuses questions demeurent. Qui sont ces Africains repatriés ? Quelles sont leurs motivations ? Comment se préparer ? Est-ce que ça marche à tous les coups ? Et finalement, tous les Africains sont-ils faits pour le retour ? Nous aborderons tous ces points le 23 juin avec des experts des secteurs publics et privés, des employeurs et, bien sûr, des « repats».

4- Pensez-vous comme certains que tous les Africains étudiant sur d’autres continents doivent rentrer dans leurs pays après leurs études?
La fuite des cerveaux, l’exode des compétences, est une problématique sur notre continent, mais le retour ne doit pas être une obligation. La liberté de choisir son destin est un droit fondamental. Pourquoi une personne devrait-elle avoir un parcours de vie imposé en raison de son pays d’origine ? Créons plutôt les conditions qui permettront à nos pays d’être attractifs.
De plus, rappelons que la construction d’un pays se fait, aussi, de l’extérieur. La diaspora joue aussi un rôle-clé pour le développement et injecte par exemple chaque année 32 milliards de dollars sur le continent africain. C’est bien plus que les aides au développement.

5- Que conseilleriez vous aux jeunes étudiants africains à l’étranger qui se demandent s’il vaut mieux rentrer dans leurs pays ou continuer à bosser à l’étranger ?
Africain ou pas, une expérience professionnelle « à l’étranger » est un atout. A la fois pour acquérir d’autres méthodes de travail, ouvrir son esprit, développer ses capacités d’adaptation, mieux se connaître ou se perfectionner dans une langue spécifique. En Afrique comme ailleurs, les employeurs sont sensibles à ces points. De plus, d’un point de vue personnel, il peut être intéressant de vivre une période d’indépendance hors de son pays d’origine. Une fois cela dit, il n’y a pas de réponse unique. Nous sommes dans un monde qui bouge et devons être acteurs de nos parcours. On peut rentrer une fois diplômé pour une opportunité professionnelle, puis repartir. Précisons à ce sujet que 80% des migrations sont intra-africaines et qu’elles peuvent découler de projets d’expatriation à forte valeur ajoutée.

Le rendez-vous est donc pris pour ce 23 Juin à Paris (MEDEF, 55 Avenue du Bosquet 75007), pour cette sixième édition des Inspir’Talks organisés par Inspire Afrika, modérés par Laure Bledou. Seront aussi présents en tant qu’invités panélistes :

Souleymane Khol, VP Sales marketing distribution & Revenue management Afrique & Océan indien pour AccorHotel

Paola Audrey Ndengue, Co-fondatrice du Magazine FashizBlack

Gossy UNKANWOKE, CEO & Founder de Beni American University

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